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Liste des publications, par ordre chronologique
Difficile de suivre l'évolution de la situation, tant elle est chaotique, y compris pour les personnes sur le terrain.
📅 23 octobre — Évacuation du campement de Maurepas
Environ 250 personnes présentes sur le campement.
193 personnes prises en charge par la préfecture et la mairie.
26 personnes restent sans solution le soir même → occupation amie à la fac de Villejean.
Rapidement, le groupe grossit :
certaines personnes n’avaient en réalité qu’une mise à l’abri très temporaire ;
des personnes évacuées reviennent à Rennes.
📅 29 octobre — Occupation de l’ESC Simone Iff (Maurepas)
Cette fois, ce n’est pas une occupation “amie”.
Le Conseil Départemental (propriétaire des lieux) demande le départ.
Le centre est fermé au public.
Le Département saisit le Tribunal Administratif pour obtenir l’expulsion.
📅 4 décembre — Évacuation de l’ESC
137 personnes relogées :
par l’État,
par le Département (femmes seules avec enfants),
par la mairie (1 famille).
Durée des mises à l’abri :
Familles et personnes vulnérables : jusqu’en avril.
Personnes seules : jusqu’au 12 janvier.
3 personnes restent sans solution → occupation amie au BAM (Cleunay).
Là encore, le groupe grossit :
quelques retours de personnes évacuées de l’ESC,
et de nouvelles personnes arrivées entre-temps.
La fin de l’occupation avait été anticipée et négociée avec le directeur de la MJC Bréquigny…
→ mais la mairie fait pression : le directeur ne peut plus accueillir le groupe.
Quelques jours supplémentaires au BAM, mais il faut partir…
📅 23 décembre — Nouveau départ du BAM
Tentative d’occupation amie au Polyblosne : refus (ordre de la mairie).
Une seule nuit possible.
Négociation avec le diocèse :
mise à disposition de 2 salles dans 2 paroisses, jusqu’au 4 janvier.
📅 23 décembre — Déclenchement du plan Grand Froid
La préfecture active le dispositif.
Une grande partie des personnes appelant le 115 sont mises à l’abri.
📅 Prolongation jusqu’au 9 janvier
L’hébergement dans les salles paroissiales est prolongé jusqu’au 9 janvier, date de fin du plan Grand Froid.
📅 9 janvier — Tentative de squat
Tentative d’ouverture d’un squat dans un bâtiment appartenant à Blot.
📅 10 janvier — Expulsion
Le squat est expulsé par les forces de l’ordre.
Occupation amie du Triangle : accord pour 2 nuits.
Puis occupation amie du Polyblosne : accord pour 2 nuits.
📅 15 janvier — Journée très tendue
Tentative d’occupation d’un gymnase → expulsion par la police à la demande de la mairie.
Occupation amie de Carrefour 18 : accord pour 1 nuit.
📅 Aujourd’hui — 16 janvier
Il faut quitter Carrefour 18.
➤ Sans solution d’hébergement identifiée.
Entrez dans les coulisses de l'évacuation en écoutant le podcast ci-dessous.
Damien MACQUART, professeur bénévole au sein de notre association intervient dans l'épisode 6.
Depuis plusieurs jours, des rumeurs d’évacuation circulaient autour du campement du parc de Maurepas. Pourtant, l’opération s’est déroulée sans notification ni préavis officiel. Un délai pour permettre aux occupants de préparer leur départ n’aurait-il pas été souhaitable ?
Aux premières lueurs du jour, plusieurs camions des forces de l’ordre ont encerclé le campement où (sur)vivaient près de 40 de nos élèves, parmi les 270 personnes présentes. Les routes et les accès au parc ont été bloqués. Les habitants ont été réveillés à coups de sifflets, de cris, et parfois de coups de pied dans les tentes. Tous ont été sommés de se lever et de quitter immédiatement les lieux.
De nombreux soutiens associatifs et citoyens se sont rapidement rendus sur place pour tenter d’adoucir ce moment d’une violence extrême.
En quelques heures, l’ensemble des occupants a été expulsé. Une grande partie des personnes a été dispersée dans différentes villes de Bretagne.
Concernant nos élèves, 27 d’entre eux ont reçu une proposition d’hébergement d’urgence : une quinzaine envoyée à Fougères, une douzaine à La Richardais (Dinard). Les agents chargés de l’orientation leur ont passé un numéro autour du cou avant de les faire monter dans des bus, comme du bétail qu’on déplace sans explications.
« Est-ce qu’on doit partir ? Quand est-ce qu’on va revenir à l’école ? Combien de temps va-t-on être hébergé ? » Autant de questions auxquelles nous étions, nous aussi, incapables de répondre. Certains élèves, paniqués, ont refusé l’hébergement proposé, espérant rejoindre un squat à Rennes pour ne pas perdre leurs repères.
Aujourd’hui, nous avons perdu 27 élèves. Arrachés à leur quotidien, coupés du réseau de solidarité qui les soutient, envoyés à des kilomètres de Rennes sans nourriture, sans produits d’hygiène, sans interlocuteurs, sans repères.
Une question demeure : pourquoi nos élèves ont-ils reçu une proposition d’hébergement différente de celle faite aux hommes majeurs isolés ? S’ils ne sont pas reconnus mineurs par le Conseil Départemental, pourquoi avoir constitué un groupe à part, orienté ensemble ? Serait-ce un aveu implicite de leur minorité ?
Encore une fois, ce sont les associations qui doivent recoller les morceaux : rester en lien avec les jeunes dispersés en Bretagne, vérifier qu’ils mangent, qu’ils ont accès à des produits d’hygiène, essayer d’obtenir des informations sur les conditions de leur hébergement, et parfois se déplacer jusqu’à eux.
Sur place, les agents nous avaient assuré que ces hébergements étaient prévus « pour l’hiver ». Pourtant, il n’en est rien. Au final, nous, associations, avons eu le sentiment d’être instrumentalisées pour faciliter une expulsion profondément inhumaine — une expulsion qui a choqué des enfants et des adolescents, et une réorientation dans des villes inconnues, sans information, sans suivi, plongeant tout le monde dans l’angoisse.
Cette opération va générer un travail colossal pour les bénévoles et les citoyens engagés auprès des personnes exilées. La solidarité continu
Une procédure judiciaire pour être reconnu mineur.e peut aller de 2 mois à 18 mois (parfois plus). Dans cette attente, le manque de visibilité et l'incompréhension peut abimer la santé mentale de nos élèves qui ont le sentiment de perdre contact avec le réel, d'être un numéro noyé dans une pile de dossiers.
Alors pour leur donner un peu de perespective, et leur permettre de mieux appréhender leur parcours, nous avons dress une fresque ensemble au tableau. Le but ? Inviter les élèves à identifier les étapes qu'ils ont rencontrées et celles à venir, les nommer et les temporaliser. Engager une réflexion sur la distinction entre associations et institutions. Qu'est-ce qu'un avocat ? Qu'est-ce qu'un bénévole ? et un fonctionnaire ? Autant de questions qui en font naître d'autres chez nos grands curieux.
Trois jeunes reconnus mineurs par la juge des enfants de Rennes ont été confiés à l'Aide Sociale à l'Efance puis remis à la rue quelques semaines plus tard.
C'est une nouvelle pratique des services du conseil départemental qui, n'ayant plus ni budget, ni de places d'hébergement, choisissent de relancer une procédure judiciaire devant la cour d'appel pour demander à casser la décision de la juge des enfants. Se faisant, les jeunes qui étaient donc sous la protection de l'ASE sont déboutés de leur minorité, et sont remis à la rue.
Pas de vacances pour nos élèves et nos professeurs du Préau 35, mais pour marquer la fin de l'année académique, nous avons organisé un repas et une remise de diplômes.
Merci à l'association qui nous accueille d'avoir rendu cela possible et de nous permettre de continuer les cours même aux mois de juillet et août.
C'est un carton plein : 100% de réussite pour nos élèves qui ont passé les épreuves du CFG (Certificat de Formation Générale) en tant que candidats libres. Un immense bravo à nos 9 diplômés pour leur investissement et leur travail acharné ces derniers mois.
Nous remercions chaleureusement le collège la Binquenais pour son accueil et son organisation aux petits oignons !
Grâce à l'accompagnement d'Utopia 56, et le collectif du CIAMIR, nos élèves ont invité la presse à venir les rencontrer sur leur lieu de vie : le campement du parc de Maurepas.
Pour l'occasion, ils se sont entrainés à parler dans un micro et se répartir la parole.
Les jeunes pensent souvent que les citoyens.nes sont bien informés de leur situation. Cela a donc été un bon exercice pour eux et elles de prendre la parole et s'exprimer sur les situations qu'ils vivent au quotidien.
Pour certain.e.s de nos élèves, c'est une chance inouïe de mieux comprendre l'environnement qui les entoure. Nombre d'entre eux/elles ont une perception du monde limitée à ce qu'ils ont pu observer à travers leurs yeux d'humains... Or, l'infini est une notion difficile à concevoir et appréhender. Un petit tour au planétarium de Rennes pour (re)découvrir le monde et se mettre des étoiles plein les yeux.
Aujourd'hui, nous avons lancé un défi à nos élèves : lire un plan, sans GPS !
Le but ? Se repérer dans Rennes, connaître les points cardinaux, mais surtout, être la première équipe d'élèves à trouver le point de RDV final : le parc du Thabor !
Un bon exercice pour une majorité de nos élèves qui ne connaissaient ni le parc, et ne distinguaient pas le nord du sud...!